
Sur les passerelles aménagées pour observer le glacier de près.
Je vous épargne le cours de glaciologie (si si, ça existe), mais sachez que la glace se comporte comme un fluide, qu'elle "coule" et se répand le long des pentes montagneuses comme de la lave en fusion. Bien sûr, à un rythme beaucoup plus lent. (genre, 2m/an) Mais on a vraiment l'impression de voir un fluide stoppé en plein élan.
Je prends des photos, mais ça paraît dérisoire d'espérer faire entrer cette nature immense dans un petit appareil.
La couleur bleue de la glace. D'énormes glaçons bleus flottent sur l'eau - des icebergs.
Le bruit -comme un coup tonnerre- des morceaux de glacier qui s'effondrent dans l'eau. On en voit un s'effondrer devant nous, les autres, ce sont des bruits au loin, quelque part sur le glacier.
La végétation : des épines, de toutes petites feuilles dures pour résister un climat glacial, je suppose? des arbres gris, presque argentés, métalliques, sont-ils morts ou vivants?
Le glacier Perito fait entre 170 et 200 mètres de hauteur, et 7 fois plus sous l'eau.
En se baladant sur le glacier, munis de nos crampons, on peut regarder la glace par en dessous, quand des tunnels ont été creusés dans la matière. Impression de voir une immense baignoire du dessous. La texture de la glace avec des bulles d'air emprisonnées à l'intérieur, est incroyable. Ça forme des motifs bizzares, comme des molécules?
Et ce bleu dont on ne se lasse pas. Cela paraît plus raisonnable d'en parler que de vouloir en capturer la lumière sur une photo. On verra ce que ça donne.
Les membres de l'excursion.
Quatre mexicains qui montent dans le bus avec leur maté (sorte de thé argentin), et m'en offrent immédiatement. Le maté, c'est fait pour être partagé, tout le monde boit dans la même paille (en fait, un tube en bois ou en métal).
Un argentin, sourd-muet et son ami anglais, qui lui traduit toutes les consignes de sécurité en langue de signes.
En voyant défiler le paysage par la fenêtre, et tout excitée par la rencontre avec les mexicains, je me rends compte à quel point la solitude me rend en manque des autres, mais je sais aussi qu'elle seule donne ce précieux sentiment qu'on appelle liberté. Eternel et cruel dilemme, qui me fait venir aux levres comme une priere la chanson de Moustaki, "Ma liberté".
Ma liberté
Longtemps je t'ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C'est toi qui m'as aidé
À larguer les amarres
Pour aller n'importe où
Pour aller jusqu'au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune
Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
Je t'avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j'ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Tes moindres exigences
J'ai changé de pays
J'ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance
Ma liberté
Tu as su désarmer
Toutes mes habitudes
Ma liberté
Toi qui m'as fait aimer
Même la solitude
Toi qui m'as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m'as protégé
Quand j'allais me cacher
Pour soigner mes blessures
Ma liberté
Pourtant je t'ai quittée
Une nuit de décembre
J'ai déserté
Les chemins écartés
Que nous suivions ensemble
Lorsque sans me méfier
Les pieds et poings liés
Je me suis laissé faire
Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geolière
Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geolière
Tard dans la soirée, je la chanterai à nouveau en guise d'adieu à Jorge, un des mexicains qui a bien du mal à me quitter, et moi aussi mais je n'en montre rien car je suis une fille super forte... ;). Mais c'est la vie, lui va faire du ski a Bariloche, moi je vais voir Salta... et personne n'a eu à sacrifier sa chère liberté.
Le lendemain, l'excursion sur le lac pour voir de près les autres glaciers, à part le Perito Moreno, est bien décevante. Trop de temps passé sur le bateau, pas assez dans la nature. Je déconseille.
Une journée un peu fade comparée à celle d'hier. |